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Jean Pierre Dick
Paprec-Virbac 2
Jérémie Beyou
Delta Dore
Samantha Davies
Roxy
Jean Baptiste Dejeanty
Maisonneuve
Yann Elies
Generali
Sébastien Josse
BT
Marc Thiercelin
DCNS
lundi 16 février

Dans tous les sens

L’arrivée de Dee Caffari ce lundi à 14h12mn57s (heure française) s’enchaînait avec celles de Marc Guillemot et de Brian Thompson quelques heures plus tôt : une première dans un Vendée Globe avec trois concurrents en moins de 12 heures ! La Britannique réalise aussi une autre première puisqu’elle cumule deux tours du monde en solitaire sans escale, à l’envers et à l’endroit…

Dee Caffari - Aviva

C’est sens dessus dessous que Dee Caffari a franchi la ligne d’arrivée devant les Sables d’Olonne : énorme émotion, acclamations du public et résultat remarquable auront marqué ces instants où l’étrave de Aviva pointait à l’horizon sous un ciel lumineux et par une petite brise d’Est. Des bords à tirer et un final étonnant quand les spectateurs découvraient l’état de déliquescence de la grand voile, partant en lambeaux… Car la Britannique n’a pas seulement ému : elle a inspiré le respect par sa détermination à finir la course malgré bien des ennuis et en particulier avec ce délaminage du tissu de sa voile principale. Un problème récurrent qui est apparu dès la latitude de la Nouvelle-Zélande, soit quasiment à la mi-parcours ! Il a fallu à la solitaire trouver des solutions de secours à coups de résine, de colle et de joint pour mettre des patchs sur un film qui peluchait.

99 jours, 1 heure, 10 minutes et 57 secondes

Il y a à peine trois ans, Dee Caffari bouclait un tour du monde en solitaire et à l’envers, contre les vents et les courants dominants, en 178 jours 03 heures 05 minutes et voilà qu’en ce 16 février 2009, la Britannique réalise le même exploit mais cette fois, d’Ouest en Est, en course, en moins de cent jours… Une performance remarquable puisqu’ils ne sont que quinze navigateurs au monde à avoir bouclé la boucle en monocoque et en solitaire sous cette barre symbolique ! Dee Caffari en fait désormais partie, avec le panache en prime, car la skipper de Aviva ne cachait pas au départ le 9 novembre dernier, son manque d’expérience de la régate pure. En deux années de préparation dont une saison sur son nouveau monocoque, la solitaire n’a cessé de s’entraîner et de progresser. Son plan Owen Clarke Design, sistership de ceux de Mike Golding et de Dominique Wavre, s’avérait tout de même très puissant pour l’Anglaise, mais elle a réussi à s’adapter au point que son début de parcours la maintenait dans les douze premiers jusqu’aux Canaries.

Une petite erreur d’appréciation, la même que celle de Marc Guillemot, la stoppe dans son élan sous le vent des îles, mais la solitaire ne lâche rien : seizième au passage de l’équateur, elle conserve le rythme dans toute la descente de l’Atlantique et maintient sa place au cap de Bonne Espérance. Avec les abandons des Kerguelen, Dee Caffari choisit la prudence et préfère passer au Nord de l’archipel en compagnie de Brian Thompson. Onzième au passage du cap Leeuwin, la navigatrice va rester sur la même route que son compatriote quasiment jusqu’à la porte de Nouvelle-Zélande où elle constate que sa grand voile est en train de se détruire… Arnaud Boissières est aussi au contact, mais Brian Thompson prend la poudre d’escampette.

Une énorme tempête !

C’est au passage du Cap Horn que le trio se regroupe car une tempête, très brève mais très violente, s’abat sur la Terre de Feu, obligeant les trois solitaires à s’abriter ou à faire route en fuite. Dee Caffari est alors septième lorsqu’elle déborde l’île des Etats. Il reste 7 000 milles à parcourir et l’état de sa grand voile ne s’améliore pas, bien au contraire… La troïka remonte vers le Brésil, mais se sépare puisque Arnaud Boissières décroche avant la latitude de l’Uruguay tandis que Brian Thompson fait parler la puissance de son monocoque. L’Anglaise revient tout de même au point de ne concéder que 200 milles à Marc Guillemot quand il passe l’équateur. Un Pot au Noir très difficile lui coûte très cher : elle perd plus de 200 milles en quelques heures !

Mais rien ne peut entamer sa détermination et la remontée de l’Atlantique Nord va être l’occasion d’un retour impressionnant : elle grappille mille par mille pour n’être plus qu’à soixante milles de son compatriote à l’entrée du Golfe de Gascogne. En finissant ce lundi après-midi, Dee Caffari ajoute une nouvelle page à l’histoire du Vendée Globe. La navigatrice a parcouru 27 907 milles sur l’eau soit une vitesse théorique moyenne de 10,45 nœuds et une vitesse effective sur l’eau de 11,74 nœuds.

dimanche 15 février

C'ur brave

Sauf contrariété de dernière minute, Marc Guillemot devrait franchir la ligne d’arrivée en début de nuit, à bord de son Safran privé de quille depuis plus de 900 milles. Un exploit à la mesure du talent du bonhomme qui a montré un des plus beaux visages de la course au large alliant une combativité de tous les instants à une générosité affirmée chaque jour. Retour sur le parcours d’un combattant…

Marc Guillemot - Safran

Tout commence de la meilleure des manières pour Marc Guillemot qui, dès la première nuit, prend la tête de la flotte dans le Golfe de Gascogne à la faveur d’un décalage dans le sud judicieusement négocié. Alors qu’une partie de la flotte s’apprête à faire le dos rond, le navigateur trinitain est toujours en mode régate. A l’inverse, le 14 novembre, pour avoir serré d’un peu près sous le vent l’archipel des Canaries, Marc se retrouve englué dans des calmes à quelques cinquante milles à l’ouest de l’île de La Palma. En l’espace de vingt-quatre heures, le navigateur compte un débours de plus de 200 milles sur la tête de flotte. Grosse déception pour Marc qui met du temps à évacuer cette désillusion même si le skipper de Safran ne baisse pas les bras. Mais il paie cher ce retard et passe l’équateur le 22 novembre en compagnie de Brian Thompson, Dee Caffari et… Sam Davies.
Sa descente de l’Atlantique sud continue et signe prémonitoire, Marc passe à proximité de l’île Gough où il se retrouve en grande conversation avec une scientifique en séjour sur l’île. Ce ne sera pas sa dernière rencontre. Le 11 décembre commence la litanie des incidents de mer qui vont transformer sa course en une longue bagarre contre un destin contraire. Ce jour-là il heurte violemment un cétacé et brise sa dérive tribord. Il ne sait pas que sa quille a aussi été endommagée dans le choc. Le 16, c’est son rail de chariot de grand-voile qui s’arrache en partie lui imposant de naviguer avec au minimum deux ris dans la grand-voile.

Drôle d’endroit pour une rencontre

Le 18 décembre, la course de Marc bascule. Alerté par la direction de course, il apprend que Yann Elies vient de se briser la jambe, qu’il est à bord de son Generali et qu’il ne peut pas bouger. En accord avec la direction de course, le navigateur trinitain se déroute immédiatement : il sait ce que Yann endure car il a connu la même situation quelques vingt années plus tôt quand il avait dû attendre les secours à bord de Jet Services IV, le bassin fracturé, après le chavirage du catamaran. Pour Marco, il n’y a pas l’ombre d’une hésitation : il ira à la rencontre de Yann et mettra en œuvre tout ce qu’il pourra tant que les secours australiens n’auront pas pris en charge son camarade.
Pendant des heures, Marco va tourner autour du bateau de Yann, l’encourageant à la VHF, tentant de lui jeter par l’ouverture de la cabine les calmants dont Yann a besoin et qu’il ne peut pas atteindre. Son soutien psychologique sera essentiel et est sûrement à l’origine du sursaut de volonté de Yann qui dans un effort intense parviendra à attraper ses calmants, un peu de nourriture et un peu d’eau. Marco ne reprendra la course qu’une fois que la frégate australienne aura embarqué à son bord le navigateur de Generali. Mais on imagine à quel point il est difficile de revenir dans une partie quand on est resté sur le banc de touche à assister un copain blessé. Malgré tout, Marc continue de se battre : il s’arrêtera une première fois à l’île d’Auckland, à plusieurs centaines milles dans le sud de la Nouvelle-Zélande pour tenter de réparer son mât, sous le regard ébahi de deux scientifiques venus procéder à des travaux d’études sur la plage. Il récidivera dans l’archipel des Malouines, à Port Stanley, sous les yeux de centaines de touristes venus visiter les coins perdus des mers du sud en paquebot. Au bout du compte, Marc Guillemot est bien le navigateur solitaire qui aura fait le plus de rencontres dans ce Vendée Globe.
Et puis viendra la perte de sa quille à presque mille milles du but : les conditions météos rencontrées ne sont pas trop défavorables, le dernier mauvais temps vient de passer. Son compagnon Roland Jourdain a montré en quelque sorte le chemin en parcourant les 600 milles qui le séparait des Açores sans son appendice. Si d’autres l’ont fait, pourquoi pas lui. Il décide de continuer, affirme haut et clair qu’il est toujours en course, toujours à la lutte pour le podium. Il n’est pas de la trempe de ceux qui renoncent  aux moindres vents contraires.

Une fois la ligne d’arrivée, Marc s’était fait une promesse : celle d’inviter à son bord d’autres navigateurs qui n’avaient pas eu la chance de pouvoir boucler l’aventure. Pour remonter le chenal, il a demandé la compagnie de Jean Le Cam, Roland Jourdain, Kito de Pavant et Yann Elies. Les quatre navigateurs seront à ses côtés, Yann restant dans une embarcation pneumatique bord à bord avec Safran. Qu’il s’agisse de surmonter des défis ou de partager ses bonheurs, décidément, cet homme a un gros cœur.


Source : presse Vendée Globe 2008/2009
Crédits photos : DPPI / VENDEE GLOBE
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samedi 14 février

Sans faute...

En coupant la ligne d'arrivée ce samedi à 1h41, Samantha Davies s'adjuge la troisième place dans le port des Sables d'Olonne. La Britannique devra patienter encore deux jours et deux heures pour confirmer ou non qu'elle monte aussi sur la troisième marche du podium de ce sixième Vendée Globe, dans l'attente de l'arrivée de Marc Guillemot. Retour sur un parcours sans faute…

Samantha Davies - Roxy

95 jours 4 heures 39 minutes 01: Roxy a coupé la ligne d'arrivée dans la nuit après 27 470 milles parcourus sur l'eau à la moyenne de 12,02 nœuds ! Samantha Davies termine ainsi son premier tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, mais finit surtout première Britannique d'une armada de sept partants le 9 novembre dernier. Elle serait aussi la deuxième femme à monter sur le podium (sous réserve de l'arrivée de Marc Guillemot avant lundi matin) et la troisième Anglaise après Ellen Mac Arthur en 2000-2001 et Mike Golding en 2004-2005. Un résultat exceptionnel pour cette jeune femme de 34 ans qui a préparé avec toute son équipe, un bateau mythique déjà vainqueur des deux dernières éditions, mais qui commençait à accuser le poids de ses neuf années. La clé du succès est sûrement à chercher dans la confiance, l'énergie, l'éternel bonheur d'être en mer et le talent de Samantha Davies qui a été l'une des rares solitaires de ce Vendée Globe à franchir la barre symbolique des 400 milles quotidiens (414 milles en 24 heures)…

Quand prudence rime avec entrain

Dès le coup de canon, la jeune anglaise tient le rythme et jusqu'à l'équateur, oscille au classement entre la dixième et la quinzième place : après le Pot au Noir et au passage vers l'hémisphère Sud, Samantha Davies pointe à la quatorzième place, à 235 milles du premier, Loïck Peyron. La descente dans les alizés de sud-est est plus difficile pour le monocoque qui ne possède pas la même puissance que les bateaux de la dernière génération mais la Britannique a de la ressource malgré un passage de l'anticyclone de Sainte-Hélène qui ne lui est pas du tout favorable : elle perd en quatre jours plus de 300 milles… plantée dans les petits airs quand les premiers déboulent déjà dans les Quarantièmes et que ses poursuivants peuvent couper le fromage avec de la brise ! Mais qu'à cela ne tienne : Roxy glisse ensuite sur la longue houle du Grand Sud et franchit la longitude du cap de Bonne Espérance toujours à la quatorzième place avec 560 milles de décalage par rapport à Jean-Pierre Dick, alors en tête.
Mais au delà des performances, c'est son plaisir de participer à cette aventure et sa capacité à le transmettre qui marque le public et les coureurs : rien ne semble entacher son bonheur d'être en mer, de naviguer en course face à un plateau de coureurs exceptionnels. Là encore, la préparation du monocoque rose est son atout maître car la solitaire ne subit pas d'avarie majeure. Elle rencontre un iceberg avant même d'atteindre l'archipel des Kerguelen ! Une zone qui va commencer à faire un grand ménage dans la flotte… Au point qu'au passage du cap Leeuwin, Samantha Davies est dixième à 1035 milles de Michel Desjoyeaux. Quand Yann Eliès est en difficulté au large de l'Australie, la navigatrice met immédiatement entre parenthèse la course pour cravacher vers le Briochin afin de lui porter assistance aux côtés de Marc Guillemot. Elle arrivera quelques heures seulement après le navire militaire qui embarque Yann Eliès et reprend la course avec le Trinitain dans des conditions météorologiques peu favorables : petit temps, grosse houle.

Seule au monde

Samantha retrouve la solitude totale quand Marc Guillemot fait son pit-stop à l'île d'Auckland. Ce qui n'enlève rien à sa détermination : chaque jour qui passe est l'occasion pour elle de souligner à quel point elle aime ces grands déserts salés où les seuls albatros lui servent de compagnons de route. La remontée vers les portes des glaces du Pacifique est particulièrement musclée avec une succession de dépressions assez actives, au point que plusieurs leaders sont définitivement éliminés… Aux antipodes, la Britannique est déjà remontée à la huitième place ! Mais il y a tout un océan à traverser : après un peu moins de 63 jours de mer, le Cap Horn est passé et Samantha Davies est quatrième au classement. Certes il y a toujours Marc Guillemot dans son sillage qui est virtuellement devant puisqu'elle lui rend 50 heures de bonification. Il reste alors 7 000 milles à parcourir avant les Sables d'Olonne.

Une nouvelle fois, la navigatrice se retrouve sans compagnon de route car Marc Guillemot a mouillé aux Malouines pour réparer une nouvelle fois son rail de grand voile. Sa remontée de l'Atlantique Sud va être un véritable calvaire : alors qu'elle parvient à la latitude de l'Uruguay, une zone orageuse l'englue dans des calmes dont elle ne se sort que très difficilement, permettant à Marco de la contourner par l'Ouest, le long des côtes brésiliennes. Pour la première fois perce une pointe de lassitude. Entre la demoiselle de Port-la-Forêt, son port s'attache en France et le petit temps, il existe comme un contentieux. Le duel entre les deux concurrents est à son apogée, chacun prenant à son tour l'avantage sur l'autre, parfois pour quelques heures. Mais la jeune anglaise réussit à conserver le leadership au passage de l'équateur, toujours quatrième au classement. Elle choisit une route un peu risquée pour aborder l'anticyclone des Açores et les calmes sont de nouveau au rendez-vous quand Marc Guillemot les contourne par l'Ouest : le chassé-croisé continue… Jusqu'à ce que Safran perde sa quille. La troisième place est désormais à portée d'étrave !


Source : presse Vendée Globe 2008/2009
Crédits photos : DPPI / VENDEE GLOBE
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vendredi 13 février

La nuit de Roxy

Samantha Davies est désormais assurée de franchir la ligne d’arrivée la nuit prochaine, vers 3h00 locale, soit après moins de 97 jours de mer. Roxy devrait toutefois patienter au mouillage avant d’embouquer le chenal des Sables d’Olonne vers 9h00, pour une arrivée qui s’annonce triomphale !

Samantha Davies - Roxy

La bulle a fait long feu, mais tout de même, Samantha Davies a sérieusement peiné pendant dix heures à deux nœuds de moyenne ! Un « parking » qui s’est dégagé au lever du jour avec le retour d’une petite brise de secteur Nord-Ouest. Dix nœuds de moyenne depuis ce midi et même si le vent tend à passer au secteur Nord-Est, cela ne devrait pas ralentir la progression de Roxy vers la ligne d’arrivée, située à moins de 120 milles ce vendredi après-midi. La Britannique était en effet au large de la baie de Port la Forêt, là même où elle s’entraîne depuis des années, en Figaro d’abord, sur son monocoque de 60 pieds depuis trois ans. En longeant les côtes bretonnes puis vendéennes, la solitaire est assurée de bénéficier d’un vent stable et de terminer très certainement sur un seul bord, bâbord amure. Certes la troisième marche du podium n’est pas encore tout à fait acquise, car rappelons que Marc Guillemot possède une bonification de deux jours et deux heures…

De plus en plus à l’aise

Le Trinitain était d’ailleurs en pleine forme ce vendredi midi après avoir pu cumuler par tranches plusieurs heures de sommeil. Il faut dire que ces derniers jours ont été particulièrement sollicitant pour Marc Guillemot entre le contournement de l’anticyclone des Açores sous spinnaker, puis un bon coup de vent, une quille qui descend de plusieurs centimètres avant de couler, une navigation sur le fil au portant sans quille… La troisième place du Vendée Globe n’est donc plus une priorité même si elle reste ancrée dans l’esprit : il faut avant tout en finir avec les 300 milles à parcourir jusqu’aux Sables d’Olonne… Et le skipper pensait pouvoir arriver lundi, mais plutôt dans l’après-midi, ce qui ne serait pas suffisant pour coiffer Samantha Davies sur le poteau. En tout cas, Safran semble se comporter très sainement sur une mer qui s’assagit et le navigateur prend de mieux en mieux la mesure du comportement de son bateau. Désormais au près dans une brise de secteur Sud-Est à Est, Marc Guillemot naviguait à plus de sept nœuds et avait retrouvé la confiance pour la suite. La seule incertitude concernait la capacité du monocoque à faire du près sur l’autre amure, en bâbord puisque sa dérive est tronquée sur ce côté-là.

Trio britannique

Et si Samantha Davies n’a plus d’inquiétude à se faire, elle peut aussi regarder dans le rétroviseur ses deux compatriotes qui vont finir au coude à coude : Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) et Dee Caffari (Aviva) cravachaient encore ce vendredi en approche d’un golfe de Gascogne bien paisible pour la saison ! Eux aussi devront louvoyer pour atteindre l’arrivée, mais celle-ci devrait pointer sa bouée dès lundi… Au petit matin blafard pour le géant anglais, avec une dizaine d’heures d’écart pour la tour du mondiste. Trois solitaires dans la même journée, ce serait une première depuis la création du Vendée Globe ! Tout comme trois Anglais dans les six premiers… Surtout que derrière pointe encore un autre représentant de sa Gracieuse Majesté : Steve White (Toe in the water) a peu de chance de dépasser Arnaud Boissières (Akéna Vérandas) mais il n’a pas été si proche depuis bien des semaines ! L’Arcachonnais a du mal à s’extraire d’une dorsale anticyclonique et sa progression en dents-de-scie n’est pas faite pour lui permettre d’attraper le flux de Sud-Ouest qui règne quelques centaines de milles devant son étrave. Alors que le Britannique est toujours dans les alizés, en route pour contourner les hautes pressions par la face Ouest…

La troïka du Sud

Toujours mouvementé, l’Atlantique Sud ! Après la tempête qui a surpris Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch), le vent est revenu du secteur Sud… Avant de redevenir variable dès la nuit prochaine, au passage d’une nouvelle perturbation orageuse. Pas de pause encore pour l’Autrichien qui va affronter plus de quarante nœuds contraires ! Du Nord pour le week-end… Heureusement, comme Raphaël Dinelli (Fondation Océan Vital) d’ici deux jours, les alizés seront au rendez-vous au large de Rio de Janeiro. Un flux d’Est soutenu mais enfin régulier. Quant à Rich Wilson (Great American III), il arrive à s’extraire des côtes brésiliennes, au large de Recife. Mais sa route très à terre ne rend pas le vent très coopératif : il a dû virer de bord pour s’écarter, mais une fois la pointe passée (dès la nuit prochaine), la situation va redevenir plus agréable, malheureusement pour deux jours seulement. Il y a ensuite un Pot au Noir à traverser, et plutôt entre le 31° et le 32° Ouest, là où il s’avère le plus étroit et le moins actif. Et quand le trio Marco, Brian, Dee apercevra les plages vendéennes, l’Américain sera passé dans l’hémisphère Nord… Houpi !


Source : presse Vendée Globe 2008/2009
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jeudi 12 février

La reine des Sables

Samantha Davies est proche de coiffer les lauriers de la troisième place du Vendée Globe : à moins de 200 milles de l’arrivée, la Britannique devrait en finir demain vendredi en milieu de nuit ou samedi matin, tandis que Marc Guillemot doit désormais apprendre à naviguer contre le vent et sans quille…

Samantha Davies - Roxy

Seul Eole pouvait encore ralentir l’ascension de Samantha Davies vers la troisième marche du podium de ce Vendée Globe 2008-2009. Ayant réussi la nuit dernière à maintenir une bonne vitesse, la jeune Britannique a pu rester devant les hautes pressions sans se faire avaler… Jusqu’à ce jeudi après-midi. Mais les Dieux du ciel semblaient déjà vouloir régurgiter la solitaire car le vent doit reprendre progressivement du souffle avant la nuit même s’il était cette fois annoncé contraire. Une petite brise d’Est, soit des bords à tirer pour en finir avec les 200 derniers milles de ce parcours de plus de 24 000 milles…

La marche de l’impératrice

Marc Guillemot l’annonçait déjà lors de la vacation radio de ce jeudi midi : il n’a presque plus aucun espoir de compenser son décalage de 260 milles déjà qui ne va qu’augmenter au fil des jours. Quand Samantha Davies va franchir la ligne d’arrivée, le Trinitain aura encore plus de 300 milles à effectuer contre le vent et sans quille ! Même s’il ne faut jamais préjuger de l’avenir en mer, les probabilités d’un retournement de situation s’amenuisent comme peau de chagrin. La jeune Britannique regrettait de s’immiscer devant son compagnon d’infortune, mais restant une compétitrice avant tout, ne pouvait que faire marcher au mieux son monocoque. Pour une place inimaginable au départ mais totalement justifiée à l’arrivée : tous les choix de la solitaire et de son équipe étaient en effet focalisés sur l’objectif de boucler la boucle : pas de transformation radicale d’un bateau vieux de huit ans, pas d’optimisation risquée, pas d’évolution inconsidérée ; juste du pragmatisme, des changements homéopathiques, des adaptations à sa manière de naviguer. Le résultat attendu démontre une clairvoyance de l’enjeu d’un tour du monde en solitaire sans escale et sans assistance, mais aussi une ténacité et une énergie exceptionnelle : Roxy sera aussi le premier des « vieux » prototype ! Derrière Foncia et Brit Air, mais devant Safran, Pindar, Aviva...

Vases communicants '

N’y a-t-il vraiment aucun parallèle entre les conditions météorologiques de l’hémisphère Nord et celles de l’hémisphère Sud ' Les météorologues s’interrogent encore, mais les ignorants ne peuvent manquer d’observer que si une tempête a bouleversé le village du Vendée Globe par 46° Nord lundi dernier, une autre a franchement secoué le dernier concurrent par 36° Sud ! Norbert Sedlacek (Nauticsport-Kapsch) relatait ce jeudi matin qu’il avait affronté le pire des coups de vent de son tour du monde… Et pourtant avec Raphaël Dinelli, il avait déjà eu son compte dans l’océan Indien ! Une mer démontée, des rafales à plus de 70 nœuds : son monocoque est devenu le jouet des flots pendant une demi-journée. Son compagnon de route a lui aussi était ballotté, certes moins violemment, mais le skipper de Fondation Océan Vital était content d’être sorti de ce mauvais pas. Désormais au large du Brésil, les deux solitaires peuvent bénéficier d’un flux portant mais dès le week-end prochain, c’est une nouvelle dépression orageuse venue du continent sud-américain qui va les cueillir… Encore du vent de Nord très fort !

Comme entre des vases communicants, la situation n’est pas plus agréable pour Rich Wilson (Great American III) qui galère le long des côtes brésiliennes, et Arnaud Boissières (Akena Vérandas) qui s’enfonce dans une zone de transition sans beaucoup de vent au large des Canaries. Pour les deux skippers, les vents sont instables et la sortie pas évidente même s’ils savent qu’il faut pointer l’étrave vers le Nord. Une certaine lassitude envahit les esprits surtout quand il faut commencer à se rationner dans tous les secteurs… Quant à Steve White (Toe in the water), rien ne semble égratigner son flegme britannique : toujours dans les alizés de secteur Est, l’Anglais s’attend à un ralentissement dès la nuit prochaine à cause de ces hautes pressions qui se développent sur l’Atlantique Nord.

Lignes brisées

Deux autres Britanniques s’engagent dans la dernière ligne droite, qui va en fait s’avérait très brisée : le but n’est plus qu’à 650 milles pour Brian Thompson (Bahrain Team Pindar) et qu’à 770 milles pour Dee Caffari (Aviva), mais les brises contraires qui s’installent dans le golfe de Gascogne auront pour conséquence une route en zigzag. Quoi qu’il en soit, les deux navigateurs ont encore des chevaux sous le capot même si l’un et l’autre ont connu moult problèmes techniques, et l’Anglaise doit en sus surveiller sa grand voile qui part en lambeaux… Malgré tout, leurs arrivées semblent se dessiner pour lundi et il ne serait pas étonnant qu’ils dépassent Marc Guillemot (Safran) empêtré dans ces brises d’Est. Comment va se comporter le monocoque sans quille pour grignoter les 450 milles qui lui reste à parcourir ' Faire du près n’est déjà pas la tasse de thé de ces voiliers conçus pour la glisse, tirer des bords est encore moins une sinécure, mais louvoyer avec un appendice en moins et une dérive tribord de remplacement ! Du courage, du courage, du courage…


Source : presse Vendée Globe 2008/2009
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